mercredi 21 septembre 2016

"Monsieur Smith au Sénat" / "Mr Smith goes to Washington" de Frank Capra




James Stewart a commencé sa carrière à Broadway puis tourne pour le studio MGM à partir de 1939. Il joue des personnages souvent naïfs, enfantins et vertueux. Il gagne avec ce film la première de cinq nominations aux Oscar.





Jean Arthur commence sa carrière comme mannequin. Le studio 20th Century Fo la découvre dans les années 1920 où elle incarne des petits rôles. On découvre son potentiel comique dans le film Toute la ville en parle de Ford (1935). Elle joue également dans L'extravagant Mr Deeds, Capra ayant demandé à la Columbia de lui faire signer le contrat. Elle est fameuse pour sa voix et son sens du tempo dans les répliques.



Claude Rains est d'origine anglaise. Il début au théâtre est est plus connu pour ses films successifs : Casablanca (1942), Notorius (1946), Monte Perduto (1960).


Synopsis : Le sénateur d’un état de l’Ouest américain vient de mourir. Sam Taylor, homme d’affaires véreux et magnat de la presse locale, ordonne au gouverneur de nommer à sa place un homme « qui obéira aux ordres », autrement dit qui ne remettra pas en cause un projet de loi destiné à l’enrichir encore davantage. Le choix du gouverneur se porte sur Jefferson Smith, chef de scouts et idéaliste naïf et sans expérience que l’on pense pouvoir manipuler sans trop de difficulté. Mais Monsieur Smith, aidé par sa charmante secrétaire, finit par découvrir le complot, qu’il n’aura dès lors cesse de dénoncer et de faire échouer.


Éléments d'analyse du film : L'histoire d'amour est laissée au second plan. Le but du film est de plonger un personnage dans un milieu auquel il n'appartient pas, dont il ne connaît pas le fonctionnement. Smith est un nom très connu. Il s'agit d'une sorte de récit initiatique. Au niveau esthétique, il y a une variation d'échelles de plans, des plans d'ensemble et des détails. Le peuple est représenté par le groupe alors que les hommes corrompus sont individualistes. La comédie, dès l'incipit, se teint d'amer.


Mon avis : <3

  Il s'agit d'un grand film et on m'en avait même parlé en licence de droit alors je n'avais qu'une hâte : enfin le voir. J'ai beaucoup aimé le double jeu joué par la secrétaire qui, à la fois aime se moquer des sénateurs, et en même temps aide Smith à s'en sortir. On ne sait pas où va ce personnage et c'est très intéressant.

Au fil de ma vision du film, j'y ai trouvé certaines longueurs et c'est pour cela que je n'ai pas eu de coup de coeur.

Le personnage de Smith est très amusant car il a l'air d'un enfant mais en même temps il est envoyé au Sénat pour travailler, alors il est censé ne pas faire n'importe quoi non plus !



FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Franck Capra
Scénario : Sidney Buchman, d'après le roman de Lewis R. Foster, The Gentleman From Montana
Genre : Comédie romantique
Sortie en 1939
Durée : 2h05
Production : Columbia

Avec James Stewart (Jefferson Smith), Jean Arthur (Clarissa Saunders), Claude Rains (le sénateur Joseph Harrison Paine)

jeudi 15 septembre 2016

"Madame Royale" d'Anne Muratori-Philip



À l'évocation d'une libération prochaine, Madame Royale répond : "J'éprouve encore de la consolation en habitant un pays où reposent les cendres de ce que j'ai de plus cher au monde". Puis elle ajoute en fondant en larmes : "J'aurais été plus heureuse de partager le sort de mes parents que d'être condamnée à les pleurer".

Résumé : Marie-Thérèse Charlotte, « Madame Royale », voit le jour le 19 décembre 1778. Hélas, pour la fille aînée de Louis XVI et Marie-Antoinette, les bonheurs d’enfance s’effondrent avec la Révolution. Le 13 août 1792, la famille royale est emprisonnée dans l’horrible forteresse du Temple. Le 21 janvier 1793, on guillotine le roi ; sa soeur et la reine le suivent quelques mois plus tard. Madame Royale est épargnée mais séparée de son petit frère, l’éphémère Louis XVII, qui mourra de mauvais traitements sans jamais la revoir. Isolée, privée de tout, terrorisée, la jeune princesse s’enfonce dans un long enfer. Fin 1794, les fureurs révolutionnaires s’apaisent et le peuple de Paris s’attendrit sur cette adolescente qui devient l’héroïne des gazettes. Dans le même temps, les cours d’Europe se la disputent. Au terme de longues négociations, faussement secrètes et parfois scabreuses, « Madame Royale » est libérée le 18 décembre 1795. Elle a tout juste dix-sept ans. Accueillie à Vienne par sa famille maternelle, la fille de Louis XVI pourrait se libérer de son terrible passé. Mais elle ne veut pas renoncer à la France. Encore moins à sa filiation ! Ne serait-ce que pour contrôler les ambitions royales de son oncle, le futur Louis XVIII, dont elle a découvert les manigances… À partir de mémoires et de souvenirs d’époque, Anne Muratori-Philip retrace avec brio et minutie les épisodes tragiques, mais aussi romanesques et politiques de la prisonnière du Temple, avant qu’elle ne devienne duchesse d’Angoulême. Anne Muratori-Philip est docteur en sociologie de l’information, diplômée en Sciences politiques, Histoire et Histoire de l’art. Ancien grand reporter au Figaro, membre correspondant de l’Institut, elle est l’auteur d’ouvrages historiques et de plusieurs biographies, notamment Parmentier (Plon, 2006), Marie Leszczynska (Pygmalion, 2010) et Le roi Stanislas (Fayard, 2000).

Mon avis : <3 <3

   Une aussi jolie appellation que Madame Royale ne pouvait aller qu'au premier enfant du couple royal constitué par Marie-Antoinette et Louis XVI. Je suis fascinée par Marie-Antoinette mais cet intérêt ne me fait pas oublier non plus de m'intéresser à sa famille et à ceux qui l'ont entourés. Marie-Thérèse Charlotte de France (les prénoms étaient plus que composés à l'époque !) est née le 19 décembre 1778 à Versailles. Le premier enfant du couple royal était très attendu car ils ont mis un certain temps à consommer leur union... Sa naissance a pourtant causé des déceptions car, pour la succession, il fallait un fils (maudit système !). Quoi qu'il en soit, je trouve que la personnalité de Marie-Thérèse est surprenante. Quel caractère quand elle était enfant ! Le livre raconte quelques petites anecdotes qui valent le détour. Anne Muratori-Philip narre l'ensemble en grandes parties avec des chapitres et dans chacun, la vie de la princesse est racontée par paragraphes. La lecture est fluide et se veut le plus explicative possible. Ce livre est donc assez accessible.

La figure de Madame Royale m'a toujours énormément intriguée. Je ne savais pas grand-chose d'elle, d'où la nécessité de cette lecture. C'est comme si j'avais lu un livre sur Marie-Antoinette, dont la destinée ne me laisse jamais de glace à chaque fois que je relis ses dernières années tragiques - j'ai donc été énormément touché par cette histoire. Marie-Thérèse est la seule survivante de la famille royale. Son père Louis XVI, sa mère Marie-Antoinette, son frère Louis XVII, sa tante Madame Élisabeth (soeur de Louis XVI) sont morts durant la période mouvementée de la Révolution française, sans oublier tous les proches qui ont fui ou ont eux-mêmes subit la fougue des révolutionnaires. Jusqu'à l'enfermement en prison de la famille royale, je connaissais à peu près l'Histoire. Ensuite, je ne savais pas ce qu'était devenue la "survivante". C'est ce que ce livre permet justement de savoir, entre autres. J'ai été horriblement troublée lorsqu'elle se retrouve seule, non seulement dans la prison (elle ne sait pas tout de suite ce qu'il est advenu de sa famille), mais dans sa vie. Elle retrouvera une dame de compagnie etc, mais plus ne sera jamais comme avant. Elle a tout perdu et j'en suis tellement triste !

Une fois libérée, elle part en Autriche, et retrouve ainsi la famille de sa mère. Elle a des tas de cousins et cousines mais se sent toujours française. Ce qui rend sa personnalité encore plus impressionnante est de savoir que Madame Royale a dit pardonner aux révolutionnaires (!) et qu'elle se sentait Française plus que jamais. Elle a donc suivi les conseils de son oncle Louis XVIII, plutôt que ceux de sa famille en Autriche.

Marie-Thérèse s'est mariée au duc d'Angoulême, ce que j'ignorais. Mon autre grande tristesse est de savoir que Marie-Thérèse n'a pas eu d'enfants - l'auteure expliquant que cela est dû à ses années terribles en prison (de quoi se rendre compte à quel point ils ont été maltraités !). Ce qui veut aussi dire que Marie-Antoinette n'a pas eu de descendance. Comment ne pas souffrir devant cette famille assassinée et brisée ! Le récit m'a vraiment troublé. J'aimerais lire d'autres ouvrages sur Madame Royale, l'auteure terminant son livre en expliquant que les techniques du XXIe siècle pourrait nous permettre d'en apprendre plus.

On découvre que plusieurs femmes se sont présentées comme étant Madame Royale. Cela est surprenant car pour avoir une telle idée, je me dis qu'il y a peut-être une part de vérité. Je ne sais pas vous, mais moi cela me manque souvent de ne pas pouvoir poser directement mes questions à des historiens !

Des surprises, il y a en eu des tas dans ce livre. J'ai appris tout ce qu'il faut savoir sur cette princesse (il faut dire que je ne savais rien aussi). Je suis étonnée par exemple qu'elle n'ait pas voulu saisir la chance de devenir Reine de France. De 1, elle aurait était une femme à la tête de la France, enfin ! De 2, elle aurait pu punir ceux qui ont tué sa famille (ou pas). De 3, elle aurait pu changer les choses pour faire en sorte que ce qui est arrivé à sa famille ne se reproduise pas. Je souhaiterai vivement lire son journal, pour être au plus près de ses impressions et de ses sentiments par rapport à ce qu'elle a vécu.

=> Une belle biographie sur Marie-Thérèse de France, la seule survivante de la famille de Marie-Antoinette. Sa destinée, pourtant tragique, est brillamment racontée par la plume d'Anne Muratori-Philip. Si vous avez ne serait-ce qu'un petit intérêt pour l'Histoire, lisez ce livre !



Genre : Biographique d'un personnage historique
Publié le 20 janvier 2016
Pages :  332
Français


++ À écouter : émission Au coeur de l'histoire du 31/03/2016 Mme Royale, la survivante, avec pour invitée, Anne Muratori-Philip elle-même.

samedi 10 septembre 2016

"Le quai de Ouistreham" de Florence Aubenas


Résumé : La crise. On ne parlait que de ça, mais sans savoir réellement qu'en dire, ni comment en prendre la mesure. Tout donnait l'impression d'un monde en train de s'écrouler. Et pourtant, autour de nous les choses semblaient toujours à leur place. J'ai décidé de partir dans une ville française, où je n'ai aucune attache, pour chercher anonymement du travail... J'ai loué une chambre meublée. Je ne suis revenue chez moi que deux fois en coup de vent : j'avais trop à faire là-bas. J'ai conservé mon identité, mon nom, mes papiers et je me suis inscrite au chômage avec un baccalauréat pour seul bagage. Je suis devenue blonde. Je n'ai plus quitté mes lunettes. Je n'ai touché aucune allocation. Il était convenu que je m'arrêterais le jour où ma recherche aboutirait, c'est-à-dire celui om je décrocherai un CDI. Ce livre raconte ma quête qui a duré presque 6 mois.

Mon avis : <3

   J'ai choisi de lire ce livre pour deux raisons : parce que le journalisme m'intéresse mais aussi - et je dirai presque surtout - que comme Florence Aubenas j'ai exercé le métier d'agent d'entretien durant cet été. J'ai donc vécu la même "expérience" que Florence Aubenas, la seule différence entre elle et moi étant qu'elle est journaliste et que moi je souhaite le devenir. Pour autant, le métier d'agent d'entretien reste le même. C'est même amusant de voir que les sociétés de nettoyage - ou qu'elles soient - semblent adopter les mêmes codes : la lavette bleu pour nettoyer les miroir ou l'interdiction de toucher aux papiers sur les bureaux, etc. J'ai ainsi retrouvé beaucoup de choses vraies dans le récit, car je les ai moi-même vécues : 

J'ai l'impression de passer mon temps à rouler, en pensant sans penser, la tête traversée par des combinaisons d'horaires, de trajets, de consignes. Se souvenir d'arrêter l'alarme en arrivant dans tel endroit, prendre la sortie sur la voie rapide pour aller dans tel autre, remettre les clés du local dans leur cachette, ne pas oublier de sortir la poubelle de la cafétéria.

  Florence Aubenas a fait ce que j'appelle une "expérience" : journaliste de profession, elle est partie dans une ville où elle ne connaissait personne, Caen, afin d'y chercher un emploi. Elle s'est inventée une autre vie, en disant qu'elle n'avait jamais travaillée, afin de "partir de rien". Elle s'est donc bel et bien mis des bâtons dans les roues (sinon, cela aurait été trop facile). Elle nous parle donc des (nombreux) échecs, des candidatures qui n'aboutissent finalement pas, les recruteurs qu'elle rencontre sans jamais être rappelée... L'inconvénient du récit est qu'elle ne parle jamais de ce qu'elle disait. J'aurai aimé avoir aussi son point de vue lors des discussions et au final j'aurai aimé être une petite souris pour savoir quelle était son attitude face aux situations, si elle a baissé les bras, etc. Je me pose beaucoup de questions : pourquoi a-t-elle ressenti le besoin de faire cette "expérience" ? Avait-elle une réserve d'argent ou a-t-elle vécut uniquement avec ce qu'elle gagnait ? Pourquoi n'a-t-elle révélée la vérité qu'à deux personnes suite à cette expérience ? Peut-être que je pourrai les lui poser un jour...

  Tout ce que raconte Florence Aubenas est tellement VRAI. Je pense que la phrase suivante le résume au mieux : "Du coup, on s'embrasse vigoureusement, en se demandant avec une chaleur subite ce que chacune est devenue. Pour l'une et l'autre, c'est pareil : tout et rien, on travaille tout le temps, sans avoir vraiment de travail, on gagne de l'argent sans vraiment gagner notre vie." Mais contrairement à elle je suis tombée sur une société avec des personnes en règle avec le droit et éventuellement sympathiques. Ce livre a l'intérêt de nous montrer la difficulté de trouver du travail. Écrit en 2010, la journaliste a voulu faire l'expérience durant la crise mais cela n'est pas forcément si différent en temps normal : le nombre de chômeurs est certes plus important mais le métier d'agent d'entretien et ses conditions ne changent pas. Elle a connu la galère en passant de boulot en boulot et parfois on ne la rappelait pas : "Aucune raison  n'est donnée, jamais, sur une embauche ni sur un congé."

Ce livre est loin d'être une lecture plaisante et il m'a effrayé à tout instant. Il rend compte de la réalité du marché de l'emploi et ce n'est pas gai. Les nombreuses personnes - et donc collègues que Florence Aubenas a rencontré - connaissent toutes d'énormes difficultés. Je me suis étonnée que personne ne l'ai reconnu, surtout qu'elle avait publié des ouvrages bien avant celui-ci, qu'elle préparait alors.

=> Une lecture qui fait froid dans le dos mais qui met face aux réalités de la société. Un récit plein de vie pour une situation compliquée : trouver un emploi et se faire respecter.



Genre : Récit, témoignage
Publié en 2010
Pages : 271
Français


Un homme explique à un autre qu'on reçoit un repas quand on travaille chez certains ostréiculteurs. "Pas d'argent du tout ? demande l'autre.
- Non, juste le repas, mais chaud."

vendredi 9 septembre 2016

Mes objectifs lectures de cet été et le bilan

L'été approche et durant les mois de mi-mai à fin août, j'ai bien l'attention de lire tout ce dont j'ai envie. Ce sont les seuls mois où je peux vraiment lire, tout en conjuguant cette fois-ci encore concours, travail et loisirs. Pour ne rien oublier et ne pas m'y perdre, j'ai répertorié ici mes objectifs :



* Lire beaucoup de pièces de théâtre et découvrir de nouveaux dramaturges.


* Lire le plus possible de livres en lien avec l'actualité, notamment les livres de Khaled Hosseini et Yasmina Khadra.




* Découvrir le plus d'auteurs contemporains possibles, choses que j'ai pas ou peu faite jusqu'à maintenant. C'est une révolution car je n'aimais pas tellement les livres contemporains auparavant mais je manque de culture littéraire sur les livres récents parus.
  • Virginie Despentes
  • Jean d'Ormesson
  • Michel Houellebecq 
  • Jean Teulé > Heloïse, ouille !
  • Barjavel > La nuit des temps

Me concentrer sur des auteures féminines, telles que :
  • Madame de Lafayette > Zayde
  • Marguerite Duras
  • Elsa Triolet > Roses à crédit
  • Louise de Villemin
  • Simone de Beauvoir
  • Simone Veil > Une vie
  • Amélie Nothomb > Stupeur et tremblements
  • Marie Ndiaye > Trois femmes puissantes


* Après une année de lecture quotidienne de l'actualité, j'ai très envie de lire des oeuvres des auteurs décédés en 2016 :
  • Harper Lee > Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
  • Michel Tournier > Vendredi ou les Limbes du Pacifique
  • Umberto Eco > Le nom de la rose
  • Juliette Benzoni > Ces belles de la Révolution

* Lire de nombreux livres adaptés au cinéma et en voir les adaptations.

* Voir les séries suivantes :

  • Top of the lake de Jane Campion (mini-série de 6 épisodes)
  • The Newsroom (3 saisons)
  • Terminer Downton Abbey (saison 6)
  • Mad men à poursuivre
  • Série Devious Maids
  • Le Parrain (trilogie)
  • Jurassic Park 3 et 4


Et comme toujours, lire des classiques, mes préférés, même si je pense que j'en lirai moins cette année pour faire plus de place aux livres contemporains :
  • Hiroshima mon amour
  • Les Raisins de la colère
  • une oeuvre de Daphné du Maurier > Ma Cousine Rachel


Cette liste sera complétée au fur et à mesure. Vous pouvez suivre mes lectures régulièrement car chaque mois je projette une liste de livres à lire durant les trente ou trente-et-un jours à venir, dans la rubrique PAL (Pile À Lire) du blog. 


Bonnes vacances à ceux qui en ont, très bel été à tous, et surtout, bonnes lectures !!

***

C'est l'heure du bilan !


Alors évidemment, comme chaque été, je prévois trop de livres à lire et je ne lis pas la moitié de ce que je voudrais. J'ai pourtant fait pas mal de lectures cet été, et surtout, surtout, beaucoup de découvertes d'auteur, dont je vous parlerai tout au long de l'année à venir.

Les auteurs & auteures découverts :
  • Khaled Hosseini
  • Yasmina Khadra
  • Jon Fosse (théâtre)
  • Valère Novarina (théâtre)
  • Emmanuel Carrère
  • Jean-Luc Lagarde
  • Wajdi Mouawad
  • Bernard-Marie Koltès (théâtre)
  • Benoîte Groult
  • Franz Kafka
  • Juliette Benzoni
  • Harper Lee
  • Florence Aubenas
  • Louise de Villmorin
  • Madame de Villedieu
  • Marie NDiaye
  • Virginia Woolf
  • Bénédicte Jourgeaud
  • Jean Teulé
  • Gilles Legardinier
  • Tracy Chevalier
  • Hoffmann
  • Candace Bushnell
  • Leila Meacham
  • Irène Némirovsky
  • Virginie Despentes

Durant cet été (de mi-mai à fin août), j'ai ainsi lu 62 livres et un livre en cours. C'est beaucoup, je l'admet !

Il y a eu deux gros coups de <3 :
  • Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee
  • Les Roses de Somerset de Leila Meacham

Et d'autres lectures que j'ai adorés :
  • Zayde de Madame de Lafayette
  • Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig
  • Une héroïne américaine de Bénédicte Jourgeaud
  • Ma Cousine Rachel de Daphné du Maurier

Étant donné le nombre de livres que j'ai lu, j'aurai pu avoir plus de coups de <3 mais je ne regrette rien de cet été littéraire que je qualifierai par les mots DIVERSITÉ et FÉMININ. J'ai ainsi découvert pas mal d'auteurs et notamment beaucoup de femmes de lettres, ce dont je suis très contente. L'année à venir sera sans doute moins dense en lecture alors je pense pouvoir dire que j'en ai bien profité.


Et vous, combien avez-vous lu de livre cet été ? Est-ce que vous aussi vous lisez davantage l'été (pendant les vacances, ou non) ou, à l'inverse, vous lisez moins pour profiter du beau temps (ou pas) ?


dimanche 28 août 2016

Allons bouquiner à... Bécherel et visiter le château de Combourg



Ma bibliophile de Maman a eu une idée de génie en nous proposant de nous rendre à Bécherel (35, Ille-et-Vilaine), connue pour être la Cité du Livre ! Ce village gagne à être plus connu des grands lecteurs que nous sommes - peut-être êtes-vous en vacances dans les environs en plus - c'est la raison pour laquelle je voulais absolument vous en parler.




La Cité du Livre comprend treize librairies. En réalité, ce sont des bouquinistes, puisque ces prétendus libraires vendent des livres d'occasion. Il n'y a donc pas de livres neufs mais de quoi bien se faire plaisir. Vous pouvez y trouver des livres modernes, anciens et rares. Il y a également des pochotèques. Tous les genres sont également disponibles : littérature, policier, fantastique, philosophie... Il n'y a plus qu'à faire votre choix !


Rayon jeunesse de la Libraire Abrasas-Libris

J'ai "visité" neuf des treize libraires, ce qui est plus que plaisant. On se balade tranquillement dans la cité puis on peut entrer gaiement dans une librairie en ne sachant qu'une chose : il y a du livre !
Une des plus belles librairies faisait aussi brocante, ce qui lui donnait beaucoup de charme.




Je dois avouer que certaines librairies auraient besoin d'un bon rangement (vous savez, j'ai pour second métier de refaire et ranger les bibliothèques :-D )...


Il y a également des ateliers ouverts au public : calligraphie, reliure de livres, enluminure, illustration... Bécherel est donc le paradis pour les amoureux du livre !



Informations pratiques :

Bécherel ouvre toute l'année, y compris le samedi et le dimanche , ainsi que durant les jours fériés (hormis Noël et le jour de l'An).
Un Marché du Livre se tient également le 1er dimanche de chaque mois, de mars à décembre, de 10h à 18h30.
Prenez garde à votre heure d'arrivée également car certaines librairies ferment entre midi et deux heures.
Retrouvez également toutes les informations sur les manifestations littéraires et artistiques ici :
www.becherel-autour-du-livre.com




Mon butin du jour :




Il me tarde de lire ces oeuvres complètes. Je ne suis pas adepte de poésie mais venant de la plume d'une femme, cela sera peut-être plus appréciable. J'en ai lu quelques passages avant de l'acheter et je crois que cela va me plaire ! Je vais sûrement lire les Sonnets ou les Élégies dans quelques temps, je laisserai le discours pour plus tard.




***


Mon château de l'été : le château de Combourg




Il fallait que j'en visite au moins un, ce qui est chose faite. Après la visite de Bécherel, nous avions encore du temps devant nous. Visite seulement le parc du château de Caradeuc, pas très loin de Bécherel, ne nous inspirait pas plus que cela (visiter un château est bien plus intéressant !). Nous avons donc roulé une petite demi-heure pour nous rendre à Combourg afin de visiter son château.

Ce château des XIIe et XVe siècles est une forteresse médiévale de Haute-Bretagne. Au XVIIIe siècle, il appartenait à l'écrivain et homme politique que vous connaissez sans nul doute : François-René de Chateaubriand. Le château a eu une grande importance dans la vie de celui-ci puisqu'il a déclaré dans ses célèbres Mémoires d'Outre-Tombe : "C'est dans les bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis." Le château appartient encore aujourd'hui à son descendant.




Avide de visiter les pièces de cet imposant château, j'ai été énormément déçue par la visite. On ne peut visiter que quatre pièces, ce qui est bien trop peu. Je suis restée sur ma faim en quelque sorte. Le domaine est privé mais quitte à demander de l'argent aux visiteurs, encore faut-il donner à voir ! Hormis cette déception, je suis quand même satisfaite de ce que j'ai pu apprendre, notamment sur l'écrivain Chateaubriand. Il est arrivé dans ce château à l'âge de huit ans et y a passé du temps durant son enfance et son adolescence.





Retrouvez les horaires et les tarifs sur le site du château : http://www.chateau-combourg.com



Bonnes visites pour cet été !

jeudi 18 août 2016

"Le siècle de Dieu" de Catherine Hermary-Vieille



Résumé : 

L’une voulait l’or et la gloire. 
L’autre ne demandait que l’amour de Dieu. 

  Passionnée par l’Histoire et ses destins intimes, la romancière Catherine Hermary-Vieille, prix Femina pour Le Grand Vizir de la nuit, fait revivre le règne de Louis XIV et les débuts de la Régence dans une fresque éblouissante. 
  Quand elle arrive en 1665 à Paris, Anne-Sophie n’a que seize ans mais beaucoup d’espérances. Issue de la noblesse bretonne, elle a quitté Lannion avec sa cousine Viviane pour se marier à un homme qu’elle ne connaît pas. Tandis qu’elle s’émerveille de la découverte de Paris, fréquente le salon de Melle de Scudéry et côtoie Mme de Sévigné, Viviane fait vœu de pauvreté en épousant la cause des Sœurs de la Charité et en se rapprochant de Jeanne Guyon. 
  S’inspirant de ces deux chemins opposés, la plume flamboyante de Catherine Hermary-Vieille embrasse les contradictions d’une époque d’ombres et de lumières. Des fastes de Versailles à la misère du peuple qui crie famine, de l’exil de Fouquet à la révocation de l’édit de Nantes en passant par les fabuleux portraits de Mme de Maintenon et Ninon de Lenclos, de Fénelon et de Bossuet, l’inoubliable roman du Grand Siècle.

Mon avis : <3 <3

  J'ai acheté ce livre en raison d'une référence figurant dans le résumé : "le salon de Mlle de Scudéry". Je suis passionnée par la Préciosité et autant vous dire que revivre la vie de salon de Mlle de Scudéry par l'intermédiaire d'un roman m'enchantait. L'histoire comporte ainsi de nombreuses références au salon tenu par la charmante Madeleine de Scudéry. J'ai lu ces lignes avec avidité car c'est la première fois que je lisais un roman mettant en scène les Précieuses. Ainsi, dès le début de l'histoire, on est plongé avec Anne-Sophie aux côtés des Précieuses, ainsi que de Ninon de Enclos (figure féminine que j'ai très envie d'apprendre à connaître). Catherine Hermary-Vieille s'est bien renseignée sur les Précieuses. Il est ainsi question de la fameuse carte du Tendre, des fréquentations de Madeleine de Scudéry (hormis le fait qu'il n'est pas du tout question de son frère, Georges), de ses "samedis", jour où elle tenait alors son salon. J'ai beaucoup aimé cette ambiance où l'héroïne (ou du moins une des héroïnes), Anne-Sophie, est conviée.

   Le résumé est trompeur car il n'y a pas que deux personnages principaux mais trois. Anne-Sophie est une jeune fille de seize ans qui est mariée et est ainsi contrainte de quitter sa Bretagne natale. Très vite, elle va être plus attirée par la gloire que par sa vie conjugale. Sa cousine, Viviane, s'intéresse quant à elle beaucoup à Dieu et fait preuve de charité en donnant toute son énergie pour aider les nécessiteux. Le personnage que l'on pourrait ajouter aux principaux protagonistes est Jeanne Guyon, une femme mystique et plus soucieuse de questions religieuses que de ses enfants. Je ne m'attendais pas à ce troisième personnage qui est cependant important puisqu'elle est présente tout le long du roman. Je n'ai pas trop compris ce personnage, et je ne me suis pas identifiée aux deux premières non plus. Je n'arrivais pas à me mettre dans leur peau.

   La religion est un thème très important du livre. Je conseille ce livre à ceux qui ont déjà des connaissances préalables sur la période : fin 1664-1730. En effet, l'auteure donne beaucoup d'informations sur le contexte historique et j'ai parfois l'impression qu'il y avait plus d'Histoire que d'histoire. La trame romanesque est supplantée par la période historique dont l'auteur nous donne énormément de détails. Le style est bref, Catherine Hermari-Vieille résumant en de courtes phrases les actions du récit pour laisser la place à la trame historique. Chaque chapitre concerne une année particulière et fait que l'on s'y retrouve aisément.

=> Entre les Précieuses et "Dieu", ce roman est très complet sur le plan historique, mais la trame romanesque en sort un peu diminuée.

Genre : Roman
Publié en février 2013
Pages : 357

mercredi 10 août 2016

La Préciosité et ses Précieuses

Allumez un supplément de soleil (une chandelle), installez-vous confortablement dans les commodités de la conversation (un fauteuil) et laissez-vous porter par l'histoire des Précieuses, ces femmes d'excellence...

Qu'est-ce que la Préciosité ?

La Préciosité est un phénomène socio-littéraire qui atteint sont point culminant dans les années 1650 autour d'une aristocratie lettrée, dans les cercles mondains, les salons particuliers français. Ce n'est pas vraiment un genre mais plutôt un courant qui reflète l'évolution des moeurs de la bonne société.
Cette mode s'explique par la volonté de se distinguer de la grossièreté de la cour de Henri IV et ainsi d'introduire dans le langage plus d'élégance et de pureté. Les précieuses voulurent imposer l'élégance dans le costume, la conversation, le raffinement des sentiments et dans l'ambition féminine de participer aux manifestations littéraires et d'avoir une activité critique.


Une soirée chez madame Geoffrin, Gabriel Lemonnier


Les lieux précieux

C'est dans les salons tenus par des femmes de l'aristocratie parisienne qu'éclot la préciosité. Il existe deux centres marqués par cette galanterie : l'hôtel de Rambouillet et le salon de Mademoiselle de Scudéry.

L'hôtel de Rambouillet


Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet


L'hôtel de Rambouillet est actif dans les années 1630-1640 mais la Fronde lui porte un coup fâcheux. Le salon se tenait sous la houlette de Catherine de Vivonne (1588-1655) qui portait le pseudonyme d'Arthénice (anagramme de son prénom) et que l'on se plaisait à surnommer "l'incomparable Arthénice". Dans ce salon figure toute l'aristocratie cultivée mais on accueille aussi des hommes de lettres qui ne sont pas forcément de l'aristocratie, comme le célèbre Vincent Voiture. On y voit donc toutes les célébrités de l'époque : Malherbe, Racan, Jean-Louis Guez de Balzac, Vaugelas, Patru, Pierre Corneille, Rotrou, Saint-Évremond... et des femmes telles que Julie d'Angennes, Mlle Paulet, Mme de Sablé, Mme de La Suze...
On s'occupe par des plaisanteries, des jeux de société et des divertissements littéraires. Cet hôtel est resté célèbre pour La Guirlande de Julie (1790), une oeuvre écrite à plusieurs mains. Montausier faisait la cour à Julie d'Angennes, la fille de la marquise de Rambouillet, et il a demandé à chacun d'écrire un poème sur elle. Georges Scudéry, Desmarets de Saint-Sorlin et Jean Chapelain entre autres, y participeront.

Le salon de Madeleine de Scudéry

Madeleine de Scudéry


La seconde génération du courant précieux fera preuve de plus d'ambition. Le salon de Madeleine de Scudéry (1607-1701), plus littéraire que mondain, est celui d'un réel écrivain : ses romans sont publiés sous le nom de son frère Georges mais elle inaugure la tradition des femmes de lettres émancipées. Ainsi, elle est l'auteur d'Artamène ou  le Grand Cyrus (1649-1653, disponible chez GF) et de Clélie, histoire romaine (1654-1660, disponible chez Folio). Son salon devient une référence entre 1653 et 1660. Ses "samedis" sont très courus. Madeleine de Scudéry obtient ainsi une pension de Mazarin et l'amitié de futurs grands écrivains, tels que La Rochefoucauld, Mme de Sévigné et Mme de Lafayette. Ce salon est moins fermé que l'hôtel de Rambouillet et s'étend à Paris et en province. 


Dans les salons précieux

Somaize, dans son Grand dictionnaire des Précieuses (1661), fait du salon un des piliers de la préciosité. La conversation mondaine va alors supplanter la conversation masculine entre érudits. Rappellons que les femmes n'ont pas étudié les Anciens au collège comme les hommes, et vont ainsi privilégier la conversation à l'érudition et à la rhétorique. Elles fondent ainsi une forme de culture centrée sur la poésie et le roman. La culture précieuse se fonde sur l'oralité, se distinguant ainsi d'une culture livresque et scolaire.
Les activités des Précieuses sont diverses : vers, jeux de société, débats sur la psychologie amoureuse ou la littérature, ainsi que cultiver le raffinement aussi bien dans le langage que dans les moeurs. On y fait aussi beaucoup de poésie dans des genres à la mode : l'impromptu, l'épître en vers, l'élégie, le sonnet, le madrigal (petit poème spitiruel à sujet galant), les billets plaisants, la maxime, l'épigramme ou le blason. Le sujet principal de ces écrits est l'amour, respectueux des convenances. On lit aussi certains soirs des romans tels que L'Astrée d'Honoré d'Urfé ou Le Grand Cyrus et la Clélie de Madeleine de Scudéry.
Il y eu les salons mais aussi les ruelles, un espace laissé entre le lit et le mur, où se tiennent les amis intimes de la dame qui reçoit dans sa chambre, allongée dans son lit.

La Carte du Tendre


Véritable géographie de l'amour, la Carte du Tendre présente les différentes étapes d'un parcours amoureux idéal : les rivières "l'Estime", et la "Reconnaissance", conduisent à la "Tendresse" après avoir traversé les villages de "Jolis-vers", "Billet-galant" et "Billet-doux". Laissez-vous promener !

Les critiques

Les Précieuses s'attirèrent les railleries de leurs contemporains par leur excès. Elles furent la cible de satires et raillées pour leur jargon compliqué, l'affectation de leurs manières et leur refus de l'amour sensuel.
Le langage recherché et parfois ampoulé a été remis en cause par Somaize ou encore Molière qui critiqua les bourgeoises ayant copié les Précieuses dans sa pièce Les Précieuses ridicules de 1659. Le mot "précieuse" fut alors pris péjorativement et encore aujourd'hui on s'en sert pour désigner une personne affectée dans son air, dans ses manières et surtout dans son langage.
Il existe des débats sur cette catégorie littéraire car pour certains elle est nulle et non avenue. Ainsi, par exemple, Alain Viala préfère parler de "galanterie". La Préciosité n'est pas une catégorie universellement reconnue.

Un héritage précieux

Ces réunions eurent une importance capitale pour la formation du goût et de l'esprit français et la constitution de l'idéal classique. La préciosité est restée un idéal que recherchèrent des écrivains tels que Mallarmé, Proust, Giraudoux ou encore Paul Valéry.


Madame de Montespan (1640-1707)
Elle fréquenta les salons précieux dans sa jeunesse



Pour en savoir plus :



Vous pouvez aussi écouter cette émission sur France Inter : http://www.franceinter.fr/emission-les-femmes-toute-une-histoire-les-femmes-et-la-litterature-des-precieuses-aux-ecrivaines-d-.


-> Dans un prochain article, je vous parlerai... vocabulaire précieux !


Par Mandarine, une Précieuse d'aujourd'hui