jeudi 1 décembre 2016

"La disparue de Noël" d'Anne Perry

Titre original : A Christmas Journey



Résumé : Coupable ! Le jugement est tombé sur l’infortunée Isobel Alvie. La veille, Gwendolen Kilmuir, une jeune veuve, s’est suicidée dans la propriété où Omegus Jones recevait quelques invités. De l’avis de tous, l’attitude cruelle d’Isobel envers la jeune femme la rend responsable de cet acte désespéré. Il ne reste guère que son amie, l’indomptable Lady Vespasia, pour la soutenir. Pour racheter sa faute aux yeux de la gentry, Isobel doit accomplir un voyage expiatoire jusqu’au nord de l’Écosse, afin de prévenir la mère de Gwendolen. En compagnie de Lady Vespasia, elle entreprend un éprouvant pèlerinage, semé d’embûches… Un conte de Noël inédit où la reine Anne Perry en son royaume victorien fait le portrait magistral d’une époque corsetée par les convenances et l’hypocrisie.

Mon avis : <3

  J'avais trouvé ce titre à Emmaüs ainsi que deux autres de la même auteure mais ne vais-je pas regretter mon achat ? J'ai trouvé que l'histoire était très lente à démarrer, mais, en faite elle n'a jamais démarrée ! Au regret de vous le dire, je trouve que, souvent, les nouvelles n'ont pas d'intérêt, pas de quoi nous émoustiller. J'attendais un déclic et il n'y en a pas eu. J'ai quand même ressenti un certain suspens car je voulais à tout prix démêler cette enquête policière ; mais je n'ai pas eu ce que j'attendais.

C'est par la blogosphère que j'ai connu l'auteure Anne Perry mais lorsque j'ai lu L'étrangleur de Cater Street, j'ai été plutôt déçue. Peut-être que je n'apprécie vraiment pas cette auteure et que je n'aurai pas dû acheter ses livres trop vite... Cette histoire de Noël m'a déçue. J'aurai aussi voulu plus d' "esprit de Noël. Je n'ai lu que ce livre sur Noël cette année. Il est vrai que j'ai passé mon temps plutôt à voir des films mais je n'ai pas été très emballée par ma lecture. Ne pouvant lire qu'un livre sur Noël faute de temps, j'aurai aimé en avoir lu un bon. Je ne vous le conseille pas. Et si je peux ajouter un dernier conseil, c'est attendre d'acheter des livres avant d'être sûr et certain d'aimer l'auteur !


Genre : nouvelle policière
Publié en 2005
Pages : 126
Britannique


P.S : Retrouvez également mes autres articles sur Noël :

samedi 26 novembre 2016

J'ai découvert la plume de : Wajdi Mouawad avec "Littoral"

Partie 1 du cycle Le Sang des Promesses

"LE CHEVALIER. Cours, Wilfrid, va, vole, suis ce chemin inusité qui conduit au gouffre, et saute ! Saute dans le gouffre ! Laisse les chemins, car tous les chemins mènent à la terre, le gouffre, seul, conduit au rêve. Saute, Wilfrid, saute !"

Résumé : En apprenant la mort de son père inconnu, l’orphelin Wilfrid décide de lui offrir une sépulture dans son pays natal. Mais ce coin du monde est dévasté par les horreurs de la guerre, ses cimetières sont pleins, et les proches de cet homme rejettent sa dépouille. A travers les rencontres douloureuses qu’il fera à cette occasion, Wilfrid entreprend de retrouver le fondement même de son existence et de son identité.

Né au Liban, Wajdi Mouawad a vécu à Paris, puis longtemps à Montréal avant de revenir en France. Littoral est le premier volet de sa tétralogie Le Sang des promesses, cycle de théâtre tragique en mode majeur, largement accueillie à l’aube du XXIe siècle.

Mon avis : <3 <3

   Je suis contente d'étendre ma culture avec la lecture d'un dramaturge libanais, le premier sans doute, et pas n'importe qui. En effet, le titre Littoral ne vous dit peut-être rien mais si je vous dit Incendies, peut-être que cela vous remémore cette pièce de théâtre dont on a beaucoup entendu parler. Je n'ai malheureusement pas vu la pièce mais j'ai eu des échos sur l'histoire car ce livre a souvent été au programme des classes de premières pour le baccalauréat de français. Je savais donc que le thème tourne autour de la parenté et que c'est une histoire violente.

Alors qu'il était très occupé - une occupation bien spécifique - Wilfrid apprend que son père est mort : "Dringallovenezvotrepèreestmort". C'est ainsi que démarre la pièce. La perte de cet être est l'élément phare du récit. J'ai cru au début que la pièce serait plutôt réaliste, mais le réalisme va vers le fantastique. Ainsi, un mort n'est pas toujours parti, un tué n'est pas forcément mort... La pièce part sur une base, la perte d'un père, mais le récit nous en apprend plus par la suite sur la relation entre Wilfrid et ce père.

J'ai été ravie par deux procédés utilisés dans le récit qui enrichissent considérablement la pièce : tout d'abord il y a un réalisateur et en lisant cette pièce de théâtre, on se retrouve alors sur un plateau de tournage - fictif. Ce procédé revient surtout au début de la pièce. Ensuite, Wilfrid se retrouve parfois devant un juge, ce qui est banal en soi, mais cela donne du charme au récit.

Récemment, j'en ai profité pour lire des pièces de théâtre, notamment d'auteurs inconnus, et j'ai été très déçue par la découverte des dramaturges John Fosse et Valère Novarina, entre autres. Pourtant, la donne a changé avec Wajdi Mouawad. J'ai trouvé de magnifiques éléments dans son écriture théâtrale, ce que je recherche avant tout. Vous savez, le petit effet qui fait toute la différence. Pour être précise, j'ai notamment aimé la scène 7 oùWilfrid est à la fois "dans deux bureaux et un magasin à la fois" dit la didascalie, ce que je trouve surprenant. Le rendu est superbe et donne toute la place à une mise en scène. Il y a également, scène 8, une confusion dans l'endroit où se trouvent les personnages. L'oncle Émile affirme être dans l'appartement de Wilfrid puis au salon funéraire, comme les autres. C'est très amusant comme situation, je n'avais vu cela auparavant. Pour enterrer son père, Wilfrid se rend dans un pays qui n'a pas de nom. Cela m'a donc davantage interpellé que si une localisation - fictive ou imaginaire - avait été précisément désigné. Il s'agit d'un pays sombre, en proie à une guerre et où les bombes fusent, où les soldats commettent les pires atrocités sur les civils et où les morts s'entassent. Il n'y a pas un habitant qui n'ait perdu quelqu'un.

Le ton est donc très particulier, avec un petit humour. Les personnages ont du répondant, ce que j'adore, comme dans cette réplique-ci :

"WILFRID. Mon père est mort, chevalier Guiromelan.
LE CHEVALIER. C'est une chose que tout bon père doit faire avant son fils."

Comme si la mort se décidait ! Il y aussi de nombreux gros mots (notamment au début de la pièce). J'ai accroché à l'écriture de la pièce. D'ailleurs, puisqu'il faut rendre à César ce qui est à César, Wajdi Mouawad partage l'idée originale de cette pièce avec Isabelle Leblanc, qui a imaginé et incarné sur scène le personnage de Simone.

Constamment attentive aux prénoms, j'ai pu remarquer une très grande diversité dans ceux qui ont été choisis. Choisi, en effet, pour porter un message : la mère de Wilfrid, Jeanne, est ainsi mariée à Ismail. Ce prénom de Wilfrid a résonné dans mes oreilles car je ne l'apprécie guère et cela est étonnant comme choix pour une pièce de théâtre. Ce prénom populaire ne correspond pas à l'image que j'avais de la pièce avant de la lire. Les oncles et tantes de Wilfrid portent tous d'anciens prénoms français : Michel, Marie, Émile, François, Lucie. Il y a des prénoms orientaux et atypiques, tels que Amé ou Sabbé, et le fameux personnage du Chevalier Guiromelan. Je suis satisfaite par ce choix de prénom - la prénominologie me passionnant.

=> En somme, une belle écriture théâtrale, une histoire sur la famille qui ne pouvait que me parler et qui ne peut que me donner envie de se plonger dans les autres pièces du cycle. Un dramaturge à suivre !


Genre : Pièce de théâtre
Publié en 1999
Pages : 104
Libanais



Cycle Le Sang des Promesses :
  • Incendies
  • Forêts
  • Ciels

Découvrir un auteur :
Wajdi Mouawad

mardi 15 novembre 2016

"Volutes féminines, tome 1 : 50 portraits de beautés empoisonnées" de Mickaël Gil



Elle se souvient de sa première cigarette comme d'un tournant dans sa vie. Un geste anodin sur l'instant, une erreur qui perdure longtemps et des remords qui restent indéfiniment.

Résumé : La femme et la cigarette ou l'opposition entre la beauté et le poison dans un recueil de courtes nouvelles qui s'articule autour d'un geste et de ses multiples définitions. Une introspection afin de montrer ce qu'on ne voit plus et redécouvrir l'acte de fumer sous un angle réaliste et original. Traductions multiples de la relation entre féminité et tabagisme, ces nombreux focus ont pour but d'apporter des nuances et un regard plus humain sur les fumeuses. 
« Femme qui fume est éphémère... » 
« Frêle fille qui se parfume de cette fourbe effusion, s'affuble d'une funeste confusion. » 
« Feu d'artifice où le féminin s'enflamme, se flétrit et s'enfume sur un fil de funambule. »

Mon avis : <3 <3

  Volutes féminines est un très joli titre mais qui renvoie à une toute autre réalité : la fumée de cigarette et le tabagisme. Cependant, j'ai eu plus de mal avec le sous-titre et l'emploi du terme "beautés". Le choix de ce mot m'a fait tiqué car il présageait un lot de préjugés sur les femmes. En plus, qui dit beauté dit laideur, et qui parle de la laideur à l'heure actuelle ? Heureusement, je n'ai pas remarqué de propos sexistes, ce qui était un très bon point pour la suite.

Ce livre est un ensemble de nouvelles - très courtes - et comporte également une fable, un conte et deux poésies. La brièveté ne doit pas vous effrayer : l'écriture de Mickaël Gil est très belle ! J'ai aimé sa sensibilité. Le fait qu'il ait une écriture splendide contraste avec ce dont il parle : le tabac. Toutes les thématiques liées au tabac sont ainsi abordées : la première cigarette (l'auteur s'intéresse à plusieurs reprises aux collégiennes et aux lycéennes influencées par un groupe et qui, donc, de fait, commencent à fumer), la jeune fille qui devient fumeuse comme sa mère, la femme enceinte qui fume malgré tout, la fumeuse occasionnelle, les mégots abandonnés... L'autre génie de l'auteur, ce sont les images et les métaphores. Elles m'ont beaucoup plu et sont tellement fortes et bien trouvées ! Par exemple, celle-ci :
Avec sa jupe orange et son air aguicheur, le tabac est une catin prédisposée à passer à l'acte, sans abus de conscience.

Ce que j'ai apprécié également, ce sont les photographies insérées dans le livre. Elles ont été réalisées par Laurie Jacquemin, une jeune photographe de seize ans, et elles apportent beaucoup au récit.

La préface est sans doute un peu longue - l'auteur insistant beaucoup sur sa démarche. Dans sa postface, il explique l'histoire de ce livre, qui devait s'insérer au départ entre les chapitres d'un roman en cours d'écriture. C'est donc intéressant aussi de ce point de vue là.

=> Une lecture sur le tabac qui ne nécessite pas d'être fumeuse. La plume est tellement sublime et agréable à lire que l'auteur en viendrait presque à rendre la cigarette agréable...


Genre :  Nouvelles
Publié le 12/08/2016
Pages : 144
Français


En partenariat avec les éditions Librinova

vendredi 4 novembre 2016

"Le Crime d'Halloween" d'Agatha Christie

Autre titre : La Fête du potiron
Titre original : Hallowe'en Party



Résumé : Le 31 octobre, les sorcières s'envolent sur leur manche à balai : c'est Halloween, la fête du potiron. À cette occasion, Mrs Drake a organisé une soirée pour les "plus de onze ans". Les enfants participent aux préparatifs, sous l’œil nonchalant de Mrs Oliver, qui croque son éternelle pomme. "Savez-vous que j'ai eu l'occasion d'assister à un vrai meurtre ?" se vante Joyce, une fillette à la langue bien pendue, devant la célèbre romancière. Tout le monde lui rit au nez : Joyce ne sait plus qu'inventer pour se rendre intéressante. La fête est un succès, et les enfants font un triomphe au jeu du Snapdragon qui clôt la réception. Tous les enfants ? C'est en rangeant la maison, après le départ des invités, qu'on découvre le cadavre de la petite Joyce dans la bibliothèque. Bouleversée, Mrs Oliver fait aussitôt appel à son ami, le grand Hercule Poirot.

Mon avis : <3

   Pour changer un peu de thème, je me suis (re)plongée dans un livre d'Agatha Christie. Je n'ai dû lire que Les dix petits nègres de l'auteure pour l'heure, mais cela ne saurait tarder à changer. En effet, plus le temps passe, plus je commence à me tourner un peu plus vers les romans policiers (tradition familiale oblige).

Je dois avouer que j'ai été quelque peu déçue par cette lecture. Si je n'ai pas tant été saisie par l'histoire, c'est sans doute que ma lecture a trop traîné dans le temps, alors qu'il s'agit d'un petit livre. Le personnage d'Hercule Poirot est toujours aussi amusant, ainsi que son homologue auteure de romans policiers. Pourtant, pour ce qui concerne l'intrigue, je l'ai trouvé assez lente.

Le début parle d'une soirée d'Halloween pour jeunes gens, mais, ensuite, la fête s'estompe pour laisser place à l'enquête. Le meurtre de Joyce, une jeune fille retrouvée noyée dans un seau, est sordide et je me demandais vraiment qui avait pu le commettre. Je dois bien l'admettre, après lecture, je ne l'ai pas deviné ! J'ai beaucoup aimé la référence à la mythologie dans la résolution du crime (je ne vous dirai rien de plus, quand même !).

=> Une petite lecture adaptée pour un 31 octobre mais qu'il vaut mieux lire d'un trait pour ne pas en perdre une miette. Le crime renvoie à Halloween mais cela reste une enquête typique  d'Hercule Poirot signée Agatha Christie, alors ne vous attendez pas à y trouver du surnaturel (quoi que...).



Genre :  Roman policier
Publié en novembre 1969
Pages : 159
Britannique

mercredi 26 octobre 2016

Retour sur les Halloween de mon enfance avec la sorcière Mélusine

Halloween, dans mon enfance, je me souviens l'avoir toujours fêté. Avec des amies, on allait frapper aux portes afin d'obtenir des bonbons. J'ai surtout été déguisée en sorcière, proclamant "des bonbons ou un sort" (une traduction du fameux "Trick or treat") à chaque maison. À l'approche d'Halloween, j'ai fortement ressenti le besoin de me replonger dans les bandes dessinées Mélusine. Elles sont parfaites pour la saison, et me rappellent évidemment plein de bons souvenirs puisque je les lisais étant jeune, alors que je fêtais encore Halloween. Je vous fait donc part ici de mon avis sur la relecture de deux tomes. J'espère vous faire découvrir la bande dessinée si vous ne la connaissez pas encore !

Mélusine n°8 : Halloween 


Lire Mélusine en période d'Halloween est déjà super, mais lire un Mélusine sur Halloween, c'est top ! Si vous ne connaissez pas encore l'histoire, laissez-moi vous en raconter la trame principale. Mélusine est une jeune sorcière qui vit dans un château de Transylvanie. Elle a pour maîtresse de maison une femme fantôme, qui a un sale caractère, et qui vit avec son vampire de mari et un valet de pied, Winston, ressemblant au monstre créé par Frankenstein. Elle suit des études de sorcellerie (comme à Poudlard !).
Cela a été un réel plaisir de retrouver cette jeune sorcière amusante à la tenue turquoise. J"ignore si vous la connaissez - il s'agit d'une bande dessinée dont on ne parle pas (assez). Le récit comporte beaucoup d'humour (même si je dois avouer qu'il m'est arrivé deux ou trois fois de ne pas comprendre la chute...). Les amis de Mélusine sont aussi très amusants (son amie Cancrelune ou encore sa tante ont des traits plutôt masculins, qu'en pensez-vous ?) : son amie Cancrelune (cancre signifiant qu'elle est très maladroite), sa cousine la fée Mélisande (que j'adore car elle me ressemble beaucoup :-)) ou encore Krapella, son amie presque gothique. Ces personnages sont excellents. Si le thème sorcier ne vous semble pas original, je trouve que le concept l'est au contraire car il vise à faire rire et non à émouvoir, comme le fait la sage du petit sorcier à lunettes.

Mélusine n°10 : Contes de la pleine lune


Ça pour parler de contes, il y en a ! Les auteurs se sont amusés à mettre en scène Mélusine et sa copine Cancrelune en scène dans les histoire qu'elles se lisaient. C'est assez amusant, même si répétitif à force. Sur ce point, j'ai trouvé que l'histoire du prince charmant revenait sans cesse (mais jamais de la même façon cependant), alors qu'il y a sûrement plein d'autres choses à dire. 
Cela reste une lecture vraiment agréable. Il y a beaucoup d'humour dans ces quarante-cinq pages. Par exemple, la fée Mélisande (cousine de Mélusine) atterrit sur la table à laquelle sont attablées Mélusine et Cancrelune. Cette dernière lui dit :
  • Ben, prends une chaise...
  • Merci, j'ai déjà une table.
  • ... Pour t'asseoir...
  • J'ai l'air débout ?
J'ai bien rit. Les situations sont bien trouvées et les références également (le livre Le roman de Mélusine qui est offert à la sorcière sans cesse à son anniversaire).
Ce livre donne envie de se retrouver en école de magie, même si ce n'est pas le sujet principal, contrairement à Harry Potter.

=> Mélusine est la bande dessinée idéale à lire au coin du feu en ces temps d'Halloween. Plaisir garanti !


Joyeux Halloween !


jeudi 13 octobre 2016

"Marquise au portrait" de Barbara Lecompte

Maurice Quentin de La Tour et ses modèles


Sans y travailler chaque jour, l'oeuvre est ancrée dans mes pensées et rythme ma vie.  J'estompe un soupçon de rose sur la joue de la marquise, je plonge mon regard dans le sien, poudre ses cheveux, dérange un pli de sa robe, caresse sa main. De jour comme de nuit. Il faut être le roi pour délaisser une femme comme celle-là.

Résumé : Artiste fier et tourmenté, le pastelliste Maurice Quentin de La Tour, alors au faîte de sa carrière, reàoit une commande d’importance : un portrait de la marquise de Pompadour. La favorite devra patienter cinq ans. Mais qui mieux que ce fou de La Tour pour saisir l’âme de ses modèles ? En témoigne sa galerie de portraits prestigieux, ceux du roi, de la reine, de la dauphine, du maréchal de Saxe mais aussi de ses amis philosophes, Voltaire, Rousseau et d’Alembert. 
 Caracolant de la cour de Versailles à Paris, Maurice Quentin de La Tour nous emporte dans son sillage, tout en se livrant à une saisissante introspection. 

Avec Marquise au portrait, son troisième roman, Barbara Lecompte revisite la vie et l’œuvre de La Tour. Elle nous dévoile, derrière l’orgueil et la maladresse de l’artiste, la sensibilité et la fragilité qui alimentèrent sa création.

Autoportrait de Maurice Quentin de La Tour, 
Musée Cognacq-Jay

Mon avis : <3 <3
 
  Depuis trois ans, j'ai fait beaucoup d'expositions parisiennes et j'ai ainsi vu beaucoup de peintures. On pourrait même dire que je suis dans ma "période peinture". Quand j'ai vu ce livre sur la blogosphère, je me suis dit qu'un livre en relation avec la peinture serait forcément intéressant.

Maurice Quentin de La Tour (Saint-Quentin, 1704-1788) est un pastelliste français dont sa priorité pour le pastel lui vient sous doute de la peintre vénitienne Rosalba Carriera qui vint en France en 1720. Il ne manque pas de caractère, et c'est ce que l'on ressent à travers les lignes. Ambitieux, il a pourtant refusé l'Ordre de Saint-Michel, qui aurait pu l'anoblir. J'ai donc découvert dans ce livre un peintre original et amusant.

Barbara Lecompte a réussi, avec ce livre, quelque chose d'incroyable : très rapidement, j'ai eu la réelle impression de lire le propre journal de Maurice Quentin de La Tour ! L'auteur s'est substitué à l'artiste en employant la première personne du singulier, ce qui fait que j'ai eu l'impression d'être au côté de l'artiste en train de saisir son pinceau, face à son modèle qui pose. L'écriture a donc été agréable. L'auteur a tenté de se mettre à la place de l'artiste et ainsi de donner ses impressions.

Pour écrire un tel livre, je me disais qu'il fallait vraiment s'y connaître en peinture, ou au moins être passionné. Barbara Lecompte est une conférencière nationale en histoire de l'Art, ce qui se comprend aisément lorsqu'on lit ses descriptions des tableaux de Maurice Quentin de La Tour. Ces descriptions étaient si subtiles que je me voyais parfois moi-même avec un pastel, dessinant sur une toile.

Le tableau qui a marqué l'oeuvre de l'artiste est aussi celui qui marque cet ouvrage. Le tableau  La Marquise de Pompadour a été travaillé par l'artiste durant cinq années, de la commande à la finition. Il prend donc une place essentielle dans l'oeuvre de l'artiste, et l'auteure lui donne une place de premier plan dans son livre. J'ai bien aimé qu'elle y revienne à plusieurs reprises car la description s'étoffe au fur et à mesure et m'a fait voir des détails de ce tableau - que j'aime beaucoup - que je n'avais pas encore aperçu. Le tableau La Marquise de Pompadour n'est pas le seul qu'on admire dans le livre. Maurice Quentin de La Tour a aussi peint le roi Louis XV, la reine Marie Leszczynska, Jean-Jacques Rousseau, Voltaire... On en apprend donc un peu sur la cour, mais aussi sur la vie du peintre lui-même, notamment ses amours avec sa cousine ou sa passion pour Marie Fel, une chanteuse d'opéra.

=> Ce livre autour d'un portrait de la Marquise de Pompadour s'appréhende facilement : il suffit de se laisser entraîner par l'écriture pour se transformer en peintre aux côté de Maurice Quentin de La Tour.

Genre : Roman
Publié le 04 septembre 2014
Pages : 144
Français



dimanche 9 octobre 2016

"Sartre - Une existence, des libertés" de Mathilde Ramadier & Anaïs Depommier

Scénario : Mathilde Ramadier
Dessin : Anaïs Depommier
Couleur : Anaïs Depommier et Nawëlle Saïdi



Un livre ne fait jamais de mal quand il est bien écrit.


sumé : Figure emblématique de la littérature et de la philosophie française, Sartre fut une personnalité à part : libre penseur et révolutionnaire, c'était un homme moderne qui refusait les honneurs. Ce livre retrace avec émotion son engagement politique, ses écrits, sa relation fusionnelle avec Simone de Beauvoir, la création du mouvement existentialiste, etc. Incontournable !

Mon avis : <3 <3

Alors que je ne suis pas du tout passionnée par la philosophie, j'ai décidé de lire cette bande dessinée qui trônait sur une étagère de ma bibliothèque municipale. J'ai déjà lu des bandes dessinées chez Dargaud et je n'avais pas été déçue. J'ai aussi saisi cette occasion pour tenter de me réconcilier avec la philosophie, mais d'une manière toute nouvelle pour moi. Et bien, j'ai été très satisfaite par cette biographie-bande dessinée. Le format est intéressant car devenues adultes, on perd un peu l'habitude des images si l'on n'est pas assidus des BD, et on a donc ici des images en tête grâce à ceux qui les ont imaginés auparavant (ici Anaïs Depommier). Les couleurs sont propres à l'époque à laquelle elles se réfèrent et le graphisme m'a plu.

Cettte lecture m'a donnée un aperçu sur la vie et les engagements de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir, figures que je ne connaissais que vaguement auparavant. La bande dessinée réussit son pari puisqu'après lecture de la bande dessinée, j'ai très envie de me pencher sur leurs oeuvres respectives.

Si vous n'êtes pas amateur de philosophie ou que vous ne connaissez pas bien l'époque, sachez que les auteurs ont tout fait pour rendre la lecture la plus compréhensible possible : il y a ainsi l'arbre généalogique de Sartre, un condensé des événements de 1964 à 1980, des petites biographies en fin de volume de tous ceux qui ont connu Sartre et Simone de Beauvoir.

=> Claire, instructive, cette bande dessinée me ramène vers ce genre que je ne lis pas assez mais aussi, quelque part, me réconcilie avec la philosophie. Je vous recommande cette lecture !


Genre : Bande dessinée
Publié le 25 mars 2015
Pages : 160
Français